Secteur de l’alimentation : du stockage de crise, un effet d’aubaine
Imprimer cet article

Actualité juridique

Secteur de l’alimentation : du stockage de crise, un effet d’aubaine

Le confinement a engendré une consommation alimentaire nettement plus importante à domicile, au profit des industriels du secteur. Jusqu’à un certain point.

Publié le

On se souvient de ces rayons vidés de leurs paquets de nouilles, conserves de légumes ou rouleaux de pâte à tarte, alors que les consommateurs stockaient alimentation et papier toilette en vue de plusieurs semaines de confinement et de repas en famille. Un confinement qui a engendré une consommation alimentaire nettement plus importante à domicile, même si c’est jusqu’à un certain point seulement.

Un secteur défensif

Les industriels de l’alimentation tirent plutôt bien leur épingle du jeu durant cette pandémie, confirmant leur réputation de valeurs défensives en Bourse. Si elles n’ont pas été épargnées par la baisse, leur repli depuis le début de l’année se situait plutôt autour de 12 % fin avril, contre 23 % pour le Cac 40. Ces sociétés agroalimentaires étaient toutefois restées à l’écart du « rally » boursier constaté jusqu’en février. Certaines avaient même déjà durement baissé, comme Bonduelle et Danone, sanctionnées pour l’essoufflement de leur croissance sur un marché alimentaire poussif et déflationniste.
Le stockage de mars a donc relancé leur activité, comme en témoignent les premiers chiffres d’affaires publiés pour le premier trimestre. La croissance (hors effet devises et périmètre) de Danone s’est accélérée à 3,7 %, le phénomène de stockage ayant joué pour 1,5 % à 2 %. La progression a été de 4,3 % pour le géant suisse Nestlé, contre un rythme de 3,5 % durant l’année 2019. Le groupe laitier Savencia, plus connu pour son Caprice des Dieux, a lui aussi enregistré une croissance interne solide au premier trimestre, de 3,2 %, dont 4,9 % pour ses seuls fromages.

Une progression durable ?

La tendance va-t-elle se poursuivre ? Les dirigeants de ces groupes restent prudents face à l’ampleur du stockage et de la crise économique et sociale qui s’annonce. Bonduelle, Danone, LDC et autres Fleury Michon sont aussi des fournisseurs de la restauration hors domicile qui s’est, elle, effondrée, ce qui n’est pas sans incidence pour les marges : un pack d’eau minérale est ainsi moins rentable au litre qu’une petite bouteille d’Evian dans une cafétéria. Sans compter les surcoûts et pertes de productivité engendrés par les mesures de sécurité sanitaire. Mais, au final, l’alimentation « solide » sera toujours plus résistante que l’industrie des spiritueux, où même les meilleurs voient leurs ventes plombées par la fermeture des bars, restaurants et duty free.

Les principales valeurs du secteur
Valeurs Évolution sur 1 an Évolution sur 5 ans
Bonduelle -29,3 % -20,5 %
Danone -11,7 % -1,7 %
Fleury Michon -45,8 % -59 %
LDC -9,8 % +27,6 %
Savencia -20,4 % -7,5 %

Haut de page Article du - © Copyright Les Echos Publishing - 2020